28th

Souvenirs d’une ballade en 500 RG

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Allongé sur l’herbe, les yeux dans le vide, l’air hagard, un brin d’herbe au coin du bec, je savoure mon plaisir tel le Lucky Luke des Alpes. Mon fidèle destrier garé à coté de moi, planté sur sa béquille latérale laisse échapper une légère fumée de ses 4 silencieux. Oui, j’ai bien dit 4 !

patience6Une légère « odeur de chaud » me remémore l’heure passée à dompter ce pur-sang sur les routes sinueuses du Vercors dans une boucle magique de Grenoble à Pont en Royan en passant par Villard de Lans. Je suis épuisé tant par cette chevauchée « sportive » que par la beauté du paysage qui défilait encore sous mes yeux il y a à peine 10 mn.

Et des images me reviennent : un compte tours dont l’aiguille valse de 8 000 à 10 000 tours/mn, le bruit strident d’un 4 cylindres 2 temps qui résonne dans la montagne, une roue avant qui se lève à chaque accélération… et cette douce sensation de chevaucher un élastique qui se tend entre chaque virage pour vous propulser tel un missile au prochain.

Loin de la production actuelle, je me la joue « Revival » au guidon de ce qui représentait dans la 2nde moitié des années 80 le must des sportives japonaises : La Suzuki 500 RG. La fameuse « Gamma », dont le symbole ornait par un magnifique relief le cadre en aluminium qui l’équipait.

Certes, ses 95 cv ne représentent plus grand chose aujourd’hui pour une sportive à coté de monstres tutoyant les 200 cv, mais ils suffisent amplement à propulser ses 185 kg tous pleins faits dans une ambiance « Continental Circus ». Et n’oublions pas qu’elle ne « cube » que 500 cm3, ce qui ramène sa puissance à près de 200 cv au litre !

Mon RG500J’ai pourtant cédé aux canons de la mode en revisitant quelque peu ce modèle mythique. Dans un soucis de sécurité, d’agrément, et de plaisir visuel aussi, je l’avoue… Parce qu’un pneu avant de 110, un pneu arrière de 120, un levier de frein avant qui vient écraser la poignée de gaz après 4 freinages soutenus, croyez moi, ça plante le décor et refroidit rapidement le plus fougueux d’entre nous !

C’est donc un train roulant avant et arrière d’une Suzuki 750 GSX-R de 1994 et la fourche inversée qui va avec, des disques et les étriers de 1100 GSX-R qui vont avec qui remplacent les équipements d’origine d’un autre âge. Et tant pis pour l’aspect collection.

Le moteur stock se voit prolongé par 4 échappements Figarolli avec des silencieux carbones du plus bel effet. Et je peux vous assurer qu’au delà du miaulement délicieux d’un 4 cylindres 2 temps disposés « au carré », la fumée bleue s’échappant des 4 pots attire le regard des curieux… ou des passionnés, en plus évidemment des farouches écologistes qui voient d’un œil réprobateur le retour de machines pour qui la norme Euro 3 reste une énigme (ou une vaste plaisanterie)

patience8Alors, certes l’admission au travers des Mikuni de 28 de diamètre et des disques rotatifs (une technologie directement issus des grand prix) nécessitent un réglage parfait, mais pour qui connait les trucs et astuces nécessaires à ces petits joujoux, c’est une broutille et on est loin des réglages électroniques d’aujourd’hui. Ces petits trucs qui faisaient par le passé la fortune des sorciers du 2 temps et l’infortune de ceux qui s’aventuraient dans des réglages approximatifs.

Reste la consommation. Bien au delà du raisonnable même en mode ballade tranquille, elle devient improbable en mode arsouille. Mais les amoureux du 2 temps sont forcément de mauvaise fois, et sacrifient chaque jour les frêles euros gisant dans le fond du porte monnaie et forcément durement gagnés sur l’autel du plaisir. Car c’est bien le mot qui sacrifie au mieux cette moto : le plaisir.

Le 28 juillet 2014 par Zegarage

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