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Apprendre la mécanique

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Comme beaucoup, j’ai appris la mécanique en bricolant les mobylettes et scooters à l’époque de l’adolescence à grand renfort de carbu dell’orto, kits polini, pots de détente Ninja et compagnie….

Passionné par le bruit du 2 temps et peut être aussi pour prolonger cette période euphorique de la préparation au fond du garage, j’ai naturllement choisi un 2 temps pour 1ère moto (500 RG Gamma). Et, 1ère surprise, les rêves s’envolent… ! Non pas que la moto ne soit pas à la hauteur de mes espérances, bien au contraire, mais la préparation des motos tant sur le plan de la mécanique moteur que de la partie cycle, ne supporte pas l’approximation.

J’ai ainsi choisi de déléguer la mécanique de mes motos par peur de casser ou de « mal faire ».

A des vitesses largement supérieures au vitesses (mêmes démentielles) autorisées par les cyclos, il convient de ne pas se louper ! J’ai rêvé dans mon plus jeune âge d’en faire mon métier, mais les années passant et l’ambition de la jeunesse primant, je me suis tourné vers une carrière commerciale plus rémunératrice…

Arrivé sur le tard à la compétition moto, j’ai repris goût à la mécanique, apprenant « sur le tas » le fonctionnement d’un moteur, les réglages, les « petits trucs » auprès de mécanos en herbes ou professionnels. Mais il me restait toujours cet arrière goût de « ça, quand même, je ne sais pas faire et je n’ose pas de peur de faire une bourde », malgré les conseils avisés de personnes qui possédaient ces connaissances que j’enviais tant.

Car la « bourde » peu parfois coûter cher….. !

Et puis, à 35 ans, je me suis décidé à réaliser un 1er rêve : apprendre la mécanique moto dans l’espoir de réaliser le rêve fou d’ouvrir un jour mon atelier de préparation / réparation. Après tout, on n’a qu’une vie et les rêves sont finalement peut être faits pour être réalisés et passer aux suivants…..

Pour apprendre la mécanique, il faut retourner à l’école. Difficile cependant de consacrer une année ou 2 sur les bancs de l’école quand on a une situation professionnelle, un crédit pour la maison et qu’il faut bien faire vivre la petite famille et mettre quelquechose dans l’assiette ! Reste donc 2 solutions : des stages ponctuels « à la demande » et la formation continue pour adulte.

Quitte à se plonger dans la formation mécanique, autant le faire dans le grand bain ! Et je me suis souvenu d’un salon de la moto ou j’avais croisé l’AFMCM, et comble du hasard, mon préparateur moto lors de mes saisons enchallenge Aprilia et coupes de france promosports sortait de ce cursus de formation qualifiant de 390 heures au sein du même organisme. J’avais d’ailleurs croisé les formateurs lors d’une visite chez mon préparateur alors qu’il faisait une démonstration de son banc de puissance aux élèves alors en formation.

Je suis donc reparti sur le net à la recherche de ce fameux organisme de formation : l’AFMCM

Après quelques contacts par courriel et téléphone, je reçois un dossier d’inscription et me mets à la recherche d’un financement sous forme de Fongecif, histoire de pouvoir garder mon emploi à la sortie et surtout de continuer à toucher mon salaire pendant ce temps.

Je vous passe les galères liées au montage du dossier, bien aidé cependant par les conseils de Jacques et d’une conseillère Fongecif qui m’a été d’une grande aide afin d’obtenir des conditions de financement presque au delà de mes attentes. J’avais prévu des sacrifices financiers, mais ils ont été moins importants que ce que j’avais imaginé…..

Mon entreprise ayant accepté dès la 1ère présentation de mon dossier de me laisser suivre une formation qui forcément n’a rien à voir avec mon métier actuel, me voilà parti pour 3 mois de formation au métier de la mécanique moto en région parisienne, dans la seine et marne (77) très précisemment….

Logé dans un chalet confortable au camping de la vallée des tamarys à 10 km environ du centre de formation, je suis près à me plonger dans le grand bain et réaliser un rêve de gamin….

Dès le 1er jour, traditionnellement consacré à la présentation des intervenants et du groupe de stagiaires, le décor est planté : les formateurs sont accessibles et sympathiques, les locaux propres et biens équipés, le programme dense et complet et pour finir, les stagiaires (et futurs copains) venants d’horizons différents sont sympas : tout est conforme à mes attentes.

Passée la période de « rodage » ou tout le monde fait connaissance en s’observant en chien de faïence, le groupe bien que d’un niveau hétérogène se révèle très soudé et l’ambiance « bon enfant ».

Tous les aspects de la mécanique moto sont abordés en théorie puis en pratique, de la partie cycle au moteur en passant par l’électricité et la carburation. Des supports pédagogiques détaillés ainsi que des anecdotes distillées par Arnaud et Jacques, les fomateurs, accompagnent les cours théoriques le matin et ces derniers sont mis en application l’après midi en atelier.

L’atelier, parlons en : 5 rampes de levages, tous les outils nécessaires, même les plus improbables, parfois fabriqués sur place, « fruit d’une expérience de terrain », des moteurs en veux tu en voilà dans toutes les configurations possibles (du bicylindre en V ou parallèle au 4 cylindres en ligne ou en V), il ne manque rien pour se lancer à l’assaut des grands secrets de la moto.

2 mois et 1/2 se sont écoulés et il ne reste désormais que 15 jours avant de se séparer. Le programme a été abordé dans son intégralité et les 15 derniers jours seront consacrés aux révisions, perfectionnement, et pour ma part la mise en pratique des acquis avec le démontage de 2 moteurs perso et de 2 fourches…. après avoir déjà remis en état un circuit de freinage hors d’âge resté 10 ans sans intervention, et des carburateurs qui ont subit pendant 10 ans le même sort.

Bref, mon discours peut paraitre dithyrambique et peu objectif, mais rassurez vous, je n’ai subit aucune pression pour rédiger cet article. Alors certes me direz vous, il y a toujours des choses à affiner ou à améliorer, mais rien n’est parfait dans ce monde. Toujours est il que j’ai beaucoup appris lors de cette formation : la théorie, la pratique bien sûr, mais aussi des choses inestimables qui tiennent plus du partage de l’expérience du mécano et vous font économiser des années de pratiques et des erreurs parfois coûteuses : la logique, la réflexion, l’observation.

Ajoutez à cela un cadre dédié à l’apprentissage mécanique et une ambiance détendue et vous aurez la recette idéale (ou s’en approchant, voir plus haut) pour s’initier ou se perfectionner à la mécanique moto. Si d’aventure, l’envie de vous faire un atelier digne de ce nom ou de vous lancer dans le métier vous tente, sachez que l’AFMCM est également revendeur des outils Sealey (de bonne qualité et à prix attractif) et dispose d’une boutique en ligne… Arnaud, Jacques sauront vous aiguiller pour débuter dans de bonnes conditions secondés par Christian qui gère ses stocks de main de maitre et qui saura en bon spécialiste des vieilles japonaises, vous guider pour les outils et pièces plus spécifiques….C’est d’ailleurs toujours plaisant de savoir que l’on peut avoir quelqu’un au téléphone à l’heure du tout numérique web 2.0

Si vous avez encore quelques hésitations, n’hésitez pas à leur rendre visite sur le stand AFMCM lors des salons Moto Legende ou du Mondial du 2 roues ou de les appeler pour en savoir plus. Il ne vous reste qu’à vous faire votre propre avis. Le mien est fait : je les recommande ! …. mais ça vous l’aurez déjà compris

Le 27 novembre 2011 par Zegarage Lire la suite