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Suzuki RG500 1989 « Patience »

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A l’âge où je commençais ma vie de « futur motard » ou plus exactement à l’âge de ma première mob et où je dévorais mes premiers magazines de moto (moto journal et moto revue), j’ai croisé le chemin d’une grosse mob avec 4 pots de détentes. La fumée, le bruit et l’odeur de l’huile émis par cette drôle de moto a tout de suite suscité ma curiosité et mon intérêt. Sans savoir vraiment pourquoi, cette moto m’avait conquis en l’espace d’un instant. Mais j’étais loin de me douter qu’un jour j’en possèderais une. Tout juste, m’étais je dit : « tiens, ça pousse drôlement ça, ça me plairait bien »…

Et puis, je suis tombé sur cet article dans moto journal : l’essai d’un RG500 avec cette photo si parlante d’une vue arrière, moteur en marche…. Il me fallait un RG500, d’autant plus que passionné de Grands prix moto et fan de Kevin Schwantz, cela semblait être une évidence… Dans cet article, on parlait du projet de création d’un club RG500 mené par le concessionnaire Suzuki de Nanterre (92) Luc Motos. Habitant près de Nanterre à l’époque, je suis donc parti rencontrer ce fameux « luc motos ». J’y ai trouvé un petit bonhomme rock and roll, un bouclard à l’ancienne comme on en voit dans les BD Joe Bar Team. Le repaire des copains qui viennent juste pour dire bonjour ou se retrouver entre passionnés, pour le plaisir en somme. En passant, si vous recherchez une ambiance éloignez des concessions « chirurgicales » et sans âme, n’hésitez pas à visiter Luc Motos à (92) Nanterre (84 route des fusillés), c’est un autre monde  ! Après avoir discuté avec Luc (qui a possédé lui même un RG500) il m’indique les coordonnées d’un 500 à vendre à petit prix. Évidemment, la moto est à restaurer. La couleur rouge « ferrari » ne correspond pas franchement à ce que je voulais et il manque un carburateur. Qu’à cela ne tienne, ce sera ma première moto et qui plus est acquise avant même d’avoir le permis moto…. Faire ses armes de motards sur un RG500, ce n’est pas banal ! Et puis j’aurais bien le temps de le remettre en état avant d’avoir le droit de la conduire.

Une fois le permis en poche et après avoir trouvé un assureur conciliant (et quelques heures de main d’œuvre pour remettre en marche mon « jouet », je me lançais dans l’apprentissage de cette machine. Pas pour bien longtemps hélas car une casse moteur viendra vite stopper mes velléités 2 tempistes. Faute d’un budget conséquent et d’une connaissance suffisante de la mécanique pointue de cette machine, j’avais fait l’impasse d’un démontage complet du moteur. Une tête de bielle qui perd ses roulements et badaboum…. cassé la machina !

Vient donc le temps de se pencher sérieusement sur la réfection de ce moteur. Décision est prise également de changer la couleur (le pourpre n’étant pas vraiment avantageux….) ainsi que d’améliorer le point sensible du RG500 : la tenue de route et le freinage. Je fais donc l’acquisition d’une fourche de 750 GSXR et d’un train roulant associé. Les freinage sera confié à des disques de 1100 R. Le moteur refait sera quant à lui aidé dans sa respiration par des échappements Figaroli chargés de laisser filer les volutes de fumée bleue tant appréciés.

Parée de sa belle robe bleu/vert nacrée, de son nouveau moteur et de ses échappements Figaroli, la belle est prête pour de nouvelles aventures…. qui malheureusement ne seront pas bien longues. Une baisse soudaine de puissante lors d’une ballade dans le Vexin précipitera la rentrée « aux stands ». Verdict rapide d’après les symptômes constaté : une casse d’un disque d’admission rotatif… !

La panne est connue des utilisateurs. Il serait dû à une sous-traitance de la fabrication des disques. Après examen de plusieurs jeux de disques, on peut constater effectivement de graves défauts. Malgré les requêtes faites (en groupe en compagnie de plusieurs propriétaires ayant subi les mêmes affres) auprès de Suzuki France (et Japon à titre personnel)  et une action en justice toujours en cours, aucune nouvelle ni proposition de dédommagement. Le RG500 ne fait plus partie des arguments de ventes de la marque et nous sommes les vilains petits canards….

Après avoir patienté plus de 10 ans sans toucher au moteur (au cas où un énième expert doivent ausculter le  moteur), et après avoir bavé durant toutes ces années devant les préparations moteur et partie cycle de RG, je me décide enfin à le remettre en état. Alors, préparation circuit poussée, remise en état pour une utilisation route (plus probablement) ou conversion RGV/RS500 ? L’avenir nous le dira….. Pour l’heure, c’est démontage, état des lieux et on avisera en fonction…..

Voici les premières étapes de la vie de « ma RG500 »

Ceci est le début du renouveau : à poil !