Vers un retour du 2 temps sportif ?

Le 2-temps sportif n’est pas mort. Il racle encore quelques segments, parfois neufs, parfois vieux de vingt ans. Motos modernes ou mamies rafraîchies, on trouve encore sur nos routes quelques cylindres à trou. Attention, il faut aimer le mélange… Des genres. 

À l’opposé des préparateurs de machines néo-rétros, les « bricoleurs » dont nous allons parler ici sont des nostalgiques -comme beaucoup d’entre nous- du fumet bleuet. Ils adaptent des mécaniques antédéluviennes à des châssis de motos contemporaines, à grand renfort de pièces racings, de carénages sur-mesures, d’huile  2-temps et 2-coude, et surtout, d’ingéniosité. 

SRC 475 V3, une Aprilia RS mariée à une Honda NSR

La lecture de son patronyme donne quelques indices sur sa nature : « SRC » pour Sunday Ride Classic, le célèbre événement français de motos anciennes organisé par le commanditaire de cette préparation. « 475 » pour la cylindrée, fruit du réalésage d’un moteur 2-temps de 387  cm3, issu d’une Honda NS 400 R de 1984. Et enfin « V3 », pour l’architectur de ce moulbif disposé en V, dont le calage vilebrequin à 120° a été re-disposé à 180°. Yves Kerlo, le mécano aux mains d’or à l’origine de cette création, a assorti cette mécanique à un bras oscillant et un cadre d’Aprilia RS 250. Le tout est agrémenté d’éléments de suspension Ohlins, dont un amortisseur arrière sur-mesure adapté au faible poids de l’engin, mais aussi d’étriers et de disques avant Beringer, d’une boite à clapets moderne issu du moto-cross, ainsi que d’un silencieux racing. La puissance est portée à 88.19 chevaux à 9 800 tours/min (au lieu des 72 ch d’une NSR d’origine), pour un poids de 140 kg. (cliquez sur la capture d’écran ci-dessus, et retrouvez l’essai de notre confrère Zef Enault)

Speedwerks RGV 500, la Suzuki hybride

Ôtez le moteur et les entrailles d’une Suzuki RGV 250 de 1992, et greffez lui un 4-cylindres en carré 2-temps de 498 cm3 issu de la mythique Suzuki RG 500 Gamma de 1985, et vous obtiendrez une bête monstrueuse d’agilité, une créature surprenante de compacité, et surtout, le meilleur des deux mondes et de deux époques. Produites à une décennie d’intervalle, les deux bases mécaniques de cette préparation réunissent la rigueur d’un châssis en alu « moderne » et l’extravagance d’un moteur issu du Continental Circus. Et pour être sûr d’atomiser la pendule et d’effrayer l’aiguille, accompagnez tout ça d’une fourche inversée de Kawasaki ZX-10R 2017 préssurisée, couplée à des étriers Brembo racing et à un kit d’échappement haute performance conçu par un artisan chevronné. Résultat ? 110 ch pour 135 kg à sec. 

TYGA Street NX-5, une Honda HRC RS250R homologuée

Tyga Performance est un fabricant asiatique de pièces détachées et de composants racing. Il a relevé le défi fou d’adapter aux routes contemporaines, une reine des circuits de l’époque : la Honda NS 250 R HRC de 1993. Elle développe 70 chevaux à la roue arrière pour un poids risible de 98 kg à sec. Rien ne vient gâcher sa silhouette d’athlète, si ce n’est ces disgracieux appendices d’homologation : rétro, clignotant, klaxon, phares et comble de l’hérésie, une plaque d’immat’ ! La Street NX-5 aura réclamé bien plus que du bon goût, mais aussi d’innombrables heures de travail, car le faisceaux électrique et la boite à air sont spécifiques, le pot d’échappement,  le carénage carbon/kevlar et les jantes sont faites maison. Et bien sûr, Tyga a eu la décence d’équiper sa bête de périphériques récents, à savoir, une fourche Ohlins grand luxe et des étriers Brembo GP4-RX.

Le 2-temps sportif d’aujourd’hui

Il n’y a pas que les préparateurs amateurs qui rêvent encore et toujours de 2-temps sportif, mais aussi certains artisans et constructeurs confidentiels. À l’image des experts de chez Suter, une société Suisse très investie dans la compétition, notamment en Moto2. Ils sont à l’origine de la MMX 500, sorte de réplique contemporaine des 500 de Grand Prix d’époque. Avec son V4 de 500 cm3 elle développe 195 chevaux, pour un poids mini de 127 kilos à sec ! Facturée plus de 110 000€, nous avons eu la chance de l’essayer et de profiter de la furie à haut régime de son incroyable moteur, de sa maniabilité tellement prononcée qu’elle en devient pertubante, et de sa rigueur typiquement helvétique.

La Ronax 500 partage le même esprit que le Suter MMX500, mais elle n’a pas la même âme et vise tout particulièrement les fans de Valentino Rossi. Vendue à 46 exemplaires contre 100 000€, elle se voulait l’ombre routière de la Honda NSR 500 championne du monde en 2001, dans les mains de l’idole italienne. Elle copie sa croupe trait pour trait, mais ne copie pas sa fiche technique ligne pour ligne. La dissonance se fait surtout du côté de la puissance, annoncée à 160 chevaux, elle est loin des 200 bourrins minimum de l’époque. Le poids est digne d’un prototype 2-temps sportif, avec 145 kilos annoncés.

La Vins Duecinquanta n’est encore qu’à l’état de prototype, avancé, car l’artisan italien à l’origine du projet, épaulé pour l’occasion par des ingénieurs issus de maisons d’automobiles prestigieuses, nous a d’ores et déjà invité à sa présentation presse. Aussi singulière qu’attirante, la Duecinquanta est propulsée par un inédit moteur 2-temps injection disposé en V face à la route. Il cube 250 cm3 et développe envion 80 chevaux, ce qui est largement suffisant pour propulser son cadre entièrement monocoque en carbone, suspendu par un système avant à paraléllogrammes. Le poids de l’engin est sous la barre des 100 kg, avec un petit 85 kg en configuration piste !

source : moto Station

 

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